Changement de vie, le bilan 🙌🏻

J’avais tout pour être satisfait : un travail exaltant dans une entreprise de premier plan, un salaire convenable, mes amis à proximité, un grand et bel appartement… Alors pourquoi ai-je décidé de tout quitter pour repartir à zéro ? Deux ans après avoir fait ce choix difficile mais nécessaire, je fais aujourd’hui le bilan de ce changement radical. Comment m’y suis-je pris ? Quelles ont été les difficultés et les doutes ? Pour quels résultats ? Je vous dis tout.

« Mais quelle mouche l’a donc piqué ?! » - Je viens de poser ma démission. Ma boss n’en revient pas. Main sur la tempe, elle accuse le coup et me lance des regards interrogateurs. J’ai profité de notre traditionnel entretien annuel pour l’informer de mon souhait de partir. Son incompréhension est à la hauteur de la surprise de mon annonce, gigantesque. Dans mon secteur, j’occupe ce qui est considéré comme un poste en or. De nombreuses personnes se verraient bien à ma place. Et pourtant, je pars en conscience. Je suis tellement déterminé qu’à peine mon annonce faite, je me sens déjà un peu plus libéré. Signe que j’ai fait le bon choix. Elle me demande d’y réfléchir encore et insiste pour en rediscuter dans une semaine. J’accepte mais je sais déjà au fond que je lui donnerais la même réponse. Il est trop tard pour faire machine arrière.

Le soir même, j’envoie un sms à tous mes proches pour leur annoncer la nouvelle. Je suis allongé sur le canapé, seul, les yeux au plafond, à respirer au rythme de la trotteuse d’une vielle horloge dans le salon, un chouia ébaubi. Voilà c’est fait, je vais bientôt changer radicalement de vie. Ai-je fait le bon choix ? Où tout cela va-t-il me mener ? Mon état d’esprit oscille entre doutes et impatience. Désormais, j’ai envie de foncer vers les 15 prochains mois qui s’annoncent assurément aux antipodes de ma vie parisienne, rangée et rassurante.

Cette petite musique au fond de moi

Mon envie de tout quitter pour partir voyager ne date pas d’hier. Plus d’un an avant ma démission, je me souviens avoir parlé de cette idée naissante de tour du monde à un ami et ancien mentor professionnel. Nous sommes attablés à la terrasse d’un restaurant face à la statue d’Édouard VII. Il fait beau et chaud, la météo estivale est agréable. Je lui dis ressentir le besoin de faire un break, 5 ou 6 mois, pourquoi pas une année entière pour voir du pays. Verre de rosé à la main, il m’écoute et me questionne pour juger du sérieux de cette idée qu’il me dit finalement trouver saugrenue au regard de ma situation actuelle. Jeune trentenaire, en pleine bourre professionnelle, fraichement célibataire… C’est le moment de penser à sa carrière, qu’on dit souvent figée après 40 ans, et de retrouver une compagne. Il porte la voix de la raison et ne me voit donc pas partir, comme beaucoup d’autres d’ailleurs. Ce consensus raisonnable est l’une des raisons qui me poussera à partir : être toujours là où on ne m’attend pas.

Cependant, ce goût prononcé pour la contradiction n’explique pas tout. Cette année qui précède mon départ, j’ai vu lentement se déliter le sens d’un quotidien pourtant agréable. Toutes ces choses auxquelles je m’accommodais parfaitement ou que j’appréciais particulièrement ne m’intéressent bientôt plus. La semaine métro – boulot – dodo, les longues soirées festives dans les endroits les plus branchés, la course à pied du dimanche matin entre amis, les brunchs en terrasse, les magasins trop chers, la foule cosmopolite du Marché d’Aligre… Je prête de moins en moins attention à la beauté de Paris et ne vois plus que ses défauts. J’ai par ailleurs le sentiment d’avoir atteint un cap professionnel. Tout est devenu facile ou presque et je n’ai plus aucun réel challenge à l’horizon sauf de prendre la place de ma supérieure hiérarchique qui veille sur son poste comme le lait sur le feu.

Cette même année, je vois également partir un couple d’amis proches pour un grand tour de l’Amérique du Sud et l’Asie. Je trouve cela formidable, loue leur courage et en vient inévitablement à me demander : pourquoi pas moi ?

Enfin, cette crise de la quarantaine bien avant l’heure aura été provoquée par un besoin inouï de me relancer après la fin d’une relation amoureuse aux allures d’idylles parfaites. 7 ans de ma vie stoppé net d’un commun accord. Je dois maintenant chercher une nouvelle voie. Et comme à mon habitude, cela se fera de manière tonitruante, avec pertes et fracas.

Si je résume les principales raisons qui m’ont poussé à partir : un quotidien de plus en plus monotone, un plafond de verre professionnel, la nécessité de remettre les pendules à l’heure au niveau affectif, une puissante envie de m’échapper des cases dans lesquelles on me rangeait… A cela s’ajoute évidemment ma curiosité infinie pour le Monde, ma passion pour le voyage et la découverte, ainsi que ma volonté de développer ma passion pour la photographie.

Voyager vers une nouvelle vie

Cela fait maintenant un an que je suis rentré. J’avais besoin de prendre le recul nécessaire pour faire le bilan de ces 11 mois de voyage hors du commun. Je ne vais pas revenir sur les aspects extrêmement positifs en termes d’ouverture d’esprit, de découverte, d’émerveillement ou encore de rencontres significatives… J’y reviens dans ces précédents articles que je vous invite à lire ici et là. Mais je peux dire avec certitude que ces choses ont justifié à elles seules les grands sacrifices que m’a demandé ce voyage.

Ce préambule établi, je réalise aujourd’hui que ce voyage fût également un formidable espace de transition vers une nouvelle vie davantage alignée sur mes envies. Ce fût une expérience unique qui m’a permis de prendre confiance en moi en découvrant ce que j’avais vraiment dans le ventre. Je suis revenu non seulement avec une meilleure connaissance de moi-même mais aussi avec une certitude essentielle : ne plus vouloir faire de concession.


Voici quelques points majeurs sur lesquels j’ai évolué à la suite du voyage :

  • La prĂ©caritĂ© ne me fait plus peur : Après 10 ans de travail salariĂ© en CDI, je suis aujourd’hui entrepreneur. Ma visibilitĂ© est Ă  3 mois. J’ai appris Ă  vivre avec l’incertitude, ses avantages et ses difficultĂ©s.

  • Je vis de mes passions : La photographie est devenue une activitĂ© professionnelle rentable, en partie grâce Ă  la rĂ©sonance de mon travail photographique lors du tour du monde. Je travaille aujourd’hui en collaboration avec de grandes marques telles que Yves Rocher ou encore la compagnie aĂ©rienne French Bee. Je me vois il y a encore 3 ans dĂ©ambulant dans les rues de Paris avec mon appareil Canon d’entrĂ©e de gamme… Je continue par ailleurs Ă  exercer mon mĂ©tier de communicant via des missions pour de grandes entreprises.

  • Je n’attends plus que « ça tombe » : Aussi talentueux sois-tu, personne ne viendra t’apporter le graal sur un plateau. Si tu veux vraiment quelque chose, c’est Ă  toi d’aller le chercher. Sur ce point prĂ©cis, j’espère pouvoir vous annoncer prochainement une Ă©norme nouvelle concernant mon avenir professionnel liĂ© Ă  la thĂ©matique du voyage :)

  • J’ai arrĂŞtĂ© de me mentir : J’avais trop pris l’habitude de me contenter de ce que j’avais. Aujourd’hui, j’essaie d’aller systĂ©matiquement vers ce qui me rend le plus heureux, peu importe le coĂ»t et les consĂ©quences. Le tour du monde fĂ»t un premier acte fondateur.

  • La libertĂ© est fondamentale : Je n’échangerai pour rien au monde la libertĂ© acquise aujourd’hui. Je suis mon propre patron, tout fonctionne Ă  merveille et je navigue entre des projets professionnels stimulants Ă  Paris et la qualitĂ© de vie de province. Pourtant je ne m’interdis pas de tout changer Ă  nouveau…

  • Je suis plus ambitieux que jamais : La vie grouille d’opportunitĂ©s. Ce voyage m’a appris Ă  les identifier / voire les provoquer. Avec un certain sens du contact, une approche en bonne intelligence et une volontĂ© de fer, les portes s’ouvriront Ă  vous presque partout.


En conclusion, j’ai le sentiment que ce voyage m’a ouvert les yeux sur les possibilités infinies qu’offre notre Monde. Il m’a donné suffisamment d’assurance pour me lancer dans une aventure entrepreneuriale aujourd’hui avec succès. Il m’a fait comprendre que je ne sais pas où je serai dans 10 ans et c’est bien. Plus globalement, il a été salvateur dans ma conception de ce que peut être une vie multiple.

Je n’ai certainement pas tout réussi pendant et après ce voyage, mais ce dont je suis certain, c’est qu’il m’a amené vers une vie plus heureuse et plus libre, mieux équilibrée et sans aucun doute plus excitante.

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